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  • Liste des 45 Icaunais établis au Canada avant 1730
  • Conférence de M. Pierre LE CLERCQ sur la famille ROY
  • Notice très complète sur la famille ROY


  • Antoine Roy et sa famille, en France et au Canada

     

    par Pierre Le Clercq

     

     

    Lors du XXIIe congrès international des sciences généalogique et héraldique, qui s'est tenu à l'université d'Ottawa en août 1996, j'ai rencontré un Canadien nommé Jean-Guy Roy, qui s'est présenté à moi comme étant l'un des nombreux descendants d'un tonnelier originaire de la ville de Joigny, Antoine Roy, lequel avait quitté la France en 1665 pour faire souche au-delà des mers, sur le continent nord-américain. Mon interlocuteur venait d'assister à ma conférence sur "Les ressortissants de Basse-Bourgogne établis au Canada avant 1730, et leurs racines familiales en France", et désirait en savoir plus sur son ancêtre jovinien, dont j'avais évoqué le cas au cours de mon exposé, consacré à quarante-cinq colons canadiens natifs de l'Yonne. Voici donc l'état actuel de mes recherches sur Antoine Roy et sa famille.

     

    La vie tumultueuse d'Antoine Roy

     

    Si ce personnage n'a aucun caractère historique, il n'en est pas moins fort important dans l'histoire démographique du Canada, puisque de lui sont issus de nombreux habitants du Nouveau Monde, porteurs ou non du patronyme de leur ancêtre commun. Baptisé le 23 mars 1635 à Joigny, en l'église Saint-Jean, Antoine Roy était le fils d'un maître tonnelier nommé Olivier Roy et de Catherine Baudard. Ses parrain et marraine étaient Antoine Baudard et Marie Collard. En l'an 1657 environ, alors qu'il avait atteint l'âge de 22 ans, le jeune Antoine convola en justes noces avec une femme qui s'appelait Catherine Byot. Il exerçait déjà le métier de tonnelier à l'époque, à l'instar de son père. De ses œuvres matrimoniales naquirent deux enfants, tous deux baptisés en l'église Saint-Jean à Joigny :

     

    1) Jacques Roy, présenté le 5 novembre 1658 sur les fonts de baptême, par Jacques Perdigon et Marie Chacheré.

    2) Edme Roy, tenu sur les mêmes fonts le 13 mars 1660, ceci par Edme Nau et Marie Bourotte.

     

    Lors du premier baptême, les parents d'Antoine Roy étaient encore en vie. Sa mère mourut cependant un an plus tard : elle fut enterrée à Joigny le 10 décembre 1659. Son père décéda quant à lui un an et demi après le second baptême : il fut inhumé au même lieu le 6 décembre 1661. Les obsèques de l'un et de l'autre eurent lieu en ladite église jovinienne de Saint-Jean, que fréquentaient les deux défunts de leur vivant.

     

    Quelques années après la mort de ses parents, Antoine Roy partit pour la Nouvelle-France. Sa femme et ses deux enfants étaient peut-être décédés eux aussi, ce qui le laissait libre de commencer une nouvelle vie sur un nouveau continent. A cette époque, les Français étaient en difficulté en Amérique du Nord. Non seulement ils subissaient, depuis 1658, les raids meurtriers des Iroquois, mais en plus ils restaient les seuls Européens à disputer aux Anglais la côte est du territoire nord-américain : en 1655, les Hollandais s'étaient emparés de la Nouvelle-Suède, fondée en 1635 dans le Delaware, puis, en 1664, ceux-ci durent céder aux Anglais la Nouvelle-Hollande, établie en 1623 dans l'État actuel de New York. Pour vaincre les Iroquois et contenir les Anglais, le roi Louis XIV se décida enfin à envoyer un régiment d'infanterie en Nouvelle-France, composé de 1200 hommes placés sous le commandement du colonel de Carignan-Salières. C'est au sein de cette troupe armée qu'Antoine Roy se rendit au Canada, comme simple soldat affecté à la compagnie du capitaine Froment.

     

    Le jeune guerrier portait le surnom militaire de "Desjardins". Parti le 19 avril 1665 du port de La Rochelle, à bord du voilier Le Vieux Siméon, il débarqua deux mois plus tard sur les quais de la ville de Québec, le 19 juin de la même année. Il faisait partie de l'avant-garde du régiment expédié par le roi, formée de quatre compagnies placées sous les ordres des capitaines Chambly, Froment, La Tour et Petit. En attendant l'arrivée des autres compagnies du régiment, au nombre de vingt, les troupes fraîchement débarquées quittèrent Québec le 23 juillet 1665 pour se rendre au pied d'un rapide, sur la rivière Richelieu près de Montréal. Sur place, avec les autres soldats composant l'avant-garde française, Antoine Roy participa à la construction d'un fort en bois, auquel on attribua aussitôt le nom de Fort Saint-Louis. Deux autres bastions furent ensuite élevés dans la région, face aux Anglais et à leurs alliés les Iroquois : le Fort Richelieu et le Fort Sainte-Thérèse. Après l'arrivée du reste des troupes, les 24 compagnies du régiment furent réparties entre les différents postes au Canada : huit furent mises en garnison à Québec, une à Sainte-Famille sur l'île d'Orléans, trois à Trois-Rivières, cinq à Montréal, deux au fort Saint-Louis, deux au fort Richelieu, et trois au fort Sainte-Thérèse. La compagnie d'Antoine Roy fut placée à Trois-Rivières. Elle y resta pendant deux ans, de l'automne 1665 à l'été 1667.

     

    Dès que la paix fut conclue entre Français et Iroquois, le 8 juillet 1667 à Québec, le régiment de Carignan-Salières fut rappelé en France. Sa présence en Amérique du Nord devenait inutile, puisque les terres iroquoises pacifiées, et les terres algonquines alliées, formaient un tampon protecteur suffisant entre la colonie française du Canada et les divers établissements des Anglais plus au sud. Le 28 août 1667, le corps expéditionnaire français quitta donc le port de Québec à bord du Saint-Sébastien, pour regagner la métropole. Sur les 1200 soldats qui étaient venus se battre contre les Iroquois en 1665, seulement 550 embarquèrent pour rejoindre la France : 250 étaient morts au cours de leur séjour en Amérique, et 400 autres recrues décidèrent de rester vivre au Canada, comme simples colons. Parmi ceux qui restèrent sur les rives du Saint-Laurent, figurait Antoine Roy.

     

    Le 20 octobre 1667, celui-ci obtint des jésuites du Cap-de-la-Madeleine une concession de terres dans leur vaste seigneurie de Batiscan. L'accord fut signé devant maître Guillaume de La Rue, notaire à Trois-Rivières. Quelques mois plus tard, le 11 septembre 1668, l'ancien soldat se maria à Québec avec une fille du roi qui s'appelait Marie Major, née le 26 février 1637 à Touques, dans le département actuel du Calvados. Celle-ci avait été dotée par le roi de France pour aller épouser au plus vite un colon au Canada, afin de contribuer à la guerre des berceaux entamée contre les colonies anglaises en Amérique du nord. Ni dans l'acte de mariage religieux, ni dans le contrat de mariage signé une semaine plus tôt, le 6 septembre 1668, il n'est précisé que le conjoint avait été uni en toutes premières noces avec une défunte femme qui s'appelait Catherine Byot.

     

    On peut s'interroger à bon droit sur cet oubli surprenant. Dans les registres paroissiaux des trois églises de Joigny, on ne trouve pas l'acte de décès de Catherine Byot, avant 1668. Serait-elle morte dans une autre localité ? A-t-elle été abandonnée par son mari, à Joigny ou ailleurs ? Quoi qu'il en fût, Antoine Roy ne jugea point opportun de dire au notaire et au curé, à Québec, qu'il avait été marié en France auparavant, soit parce que sa première femme était encore en vie, soit parce qu'il était incapable de produire rapidement un certificat d'inhumation. Au regard de la façon pitoyable dont il allait finir ses jours, on ne peut rejeter d'emblée la thèse de l'abandon pur et simple de sa première femme, pour fuir les difficultés de sa vie en métropole.

     

    Avec sa seconde épouse, Antoine Roy vécut en tout cas à Batiscan, où il travailla comme maître tonnelier de 1667 à 1683. Ne sachant point mener correctement ses affaires, il se mit à accumuler les dettes à partir de 1674, ce qui poussa finalement ses créanciers à le traduire en justice à Trois-Rivières, en 1682. Pressé par les huissiers, tout à fait incapable d'honorer ses échéances, il prit la fuite à la fin du mois de juin 1683, abandonnant son foyer pour aller vivre seul sur l'île de Montréal, à Lachine, chez Julien Talua. Il y poursuivit son métier de tonnelier. Retrouvé par Michel Lecourt, son principal créancier, il fut de nouveau traduit en justice en mai 1684, cette fois à Montréal. Aussitôt écroué à la prison de la ville, il en sortit le 15 juin suivant, pour retourner ensuite derrière les barreaux le 30 juin, pour un jour seulement. Le 1er juillet 1684, en effet, il finit par accepter un accord avec Michel Lecourt, afin de mettre un terme aux différends qui l'opposaient à cet homme depuis des années.

     

    Ce répit fut de courte durée. Dès le 10 juillet, sur les six heures du matin, Antoine Roy fut surpris par son logeur Julien Talua en flagrant délit d'adultère avec Anne Godeby, épouse dudit Talua. La mari bafoué, révolté à la vision cruelle de "ce commerce infâme", n'hésita point à occire sur le champ son locataire trop entreprenant. Ainsi donc s'acheva, piteusement, la vie d'un tonnelier jovinien parti se refaire une santé au Canada. L'amant bien imprudent d'Anne Godeby avait 49 ans lorsqu'il fut expédié, violemment, dans le royaume des morts.

     

    La famille d'Antoine Roy

    En consultant les registres paroissiaux des trois églises de Joigny, pour toute la période antérieure à 1669, j'ai pu relever jusqu'à trente-sept couples dont le mari portait le nom de Roy. J'ai publié la liste de leurs enfants respectifs dans un article intitulé "Les familles Roy de Joigny, en France", paru en janvier 1998 dans la revue canadienne L'Ancêtre, éditée par la Société de Généalogie de Québec. Parmi ces trente-sept couples joviniens, il en est quatre seulement qui sont apparentés de façon sûre à Antoine Roy, dans l'état actuel des recherches. Un cinquième, qui s'est formé après 1668, s'ajoute à la parentèle ainsi constituée. Voici donc la généalogie de la famille du tonnelier de Joigny parti vivre au Canada, sur quatre générations :

     

    I. Jean Roy. Il s'agit du grand-père d'Antoine. Tout ce que l'on sait de lui, pour le moment, c'est qu'il demeurait en la paroisse de Saint-André, à Joigny, et qu'il avait épousé Marie Boucquenier avant 1604. Cette dernière était encore en vie en 1629 : cette année-là, en effet, le 13 février, elle devint la marraine de sa petite-fille Marie Roy, baptisée en l'église jovinienne de Saint-Jean. Jean Roy et Marie Boucquenier n'avaient eu qu'un fils, qui suit :

     

    II. Olivier Roy. Baptisé le 2 octobre 1604 en l'église Saint-André, à Joigny, il exerça plus tard le métier de maître tonnelier. En 1626 environ, il se maria en premières noces avec une femme nommée Catherine Baudard, qui était sans doute la fille d'Antoine Baudard et de Marie Champion. Celle-ci mourut trente-trois ans après son mariage. Ses obsèques eurent lieu le 10 décembre 1659, en l'église Saint-Jean à Joigny. Devenu veuf, Olivier Roy convola très vite en secondes noces, ceci dès 1660, avec une jeune femme qui s'appelait Marie Pruneau. Il décéda à son tour un an plus tard. La cérémonie funèbre fut célébrée en l'église Saint-Jean le 6 décembre 1661. De son union avec Catherine Baudard, il avait eu jusqu'à sept filles et trois garçons, qui suivent en III.1 ; de son second mariage avec Marie Pruneau, en revanche, il n'avait eu qu'un fils, qui suit en III.2. Tous ces enfants, nés à Joigny, furent tenus sur les fonts baptismaux de l'église jovinienne de Saint-Jean.

     

    III.1. Catherine Roy. Baptisée le 11 juillet 1627, son parrain fut Mathieu Voinin, fils de défunt Mathieu, et sa marraine Catherine Mamerot, fille de feu Jacques.

    III.1. Marie Roy. Baptisée le 13 février 1629, son parrain fut Antoine Guesne et sa marraine Marie Boucquenier. Cette dernière était sans doute sa grand-mère paternelle, femme de Jean Roy qui précède.

    III.1. Charlotte Roy. Baptisée le 19 août 1630, son parrain fut Jean Michel et sa marraine Charlotte Baudard, celle-ci étant peut-être sa tante maternelle, fille d'Antoine Baudard et Marie Champion.

    III.1. Edmée Roy. Baptisée le 19 mars 1632, ses parrain et marraine furent Thibault Boullier et Edmée Nau, sans doute des voisins ou des amis.

    III.1. Geneviève Roy. Baptisée le 8 juillet 1633, ses parrain et marraine s'appelaient Jean Gallimard et Geneviève Chollet, lesquels étaient sans doute des amis ou des voisins.

    III.1. Antoine Roy. Baptisé le 23 mars 1635, son parrain fut Antoine Baudard, qui était soit son oncle maternel, fils d'Antoine Baudard et Marie Champion, soit son grand-père maternel. Sa marraine, quant à elle, portait le nom de Marie Collard. Devenu adulte, Antoine Roy deviendra tonnelier comme son père. Il se mariera en premières noces avec Catherine Byot, en 1657 environ, puis en secondes noces avec Marie Major, le 11 septembre 1668 à Québec. Née le 26 février 1637 à Touques, en Normandie, sa seconde conjointe était la fille de Jean Major et de Marguerite Le Pelé. Antoine Roy mourra assassiné le 10 juillet 1684, à Lachine près de Montréal. Sa seconde épouse décédera quant à elle le 8 décembre 1689, en l'hôtel-Dieu de Québec. Du premier lit, le tonnelier natif de Joigny eut deux fils, qui suivent en IV.1 ; du second lit, il eut un troisième fils, qui suit en IV.2.

    III.1. Elie Roy. Baptisé le 13 juillet 1636, ses parrain et marraine furent Elie Roy, marchand domicilié à Joigny, lequel faisait peut-être partie de la famille, et Nicole Puisoye.

    III.1. Suzanne Roy. Baptisée le 31 juillet 1638, son parrain fut Edme Protat et sa marraine Suzanne Byot, sans doute des amis ou des voisins.

    III.1. Jean Roy. Baptisé le 30 août 1640, son parrain fut Jean Roy, lequel appartenait probablement à la famille, et sa marraine Jeanne Coquard.

    III.1. Catherine Roy. Baptisée le 19 septembre 1643, ses parrain et marraine furent Claude Demas et Catherine Pérille. Devenue adulte, Catherine Roy se mariera en premières noces avec un maître tonnelier et vigneron nommé Jude Guillerat, le 24 septembre 1675 en l'église Saint-Thibault, à Joigny. Puis, le 25 juin 1686, en la même église, elle convolera en secondes noces avec un vigneron portant le nom d'Edme Girard.

     

    III.2. Zacharie Roy. Baptisé le 1er février 1661, il était le fils unique d'Olivier Roy et de sa seconde conjointe, Marie Pruneau. A sa majorité, ayant atteint l'âge de 25 ans, il se maria en premières noces avec Anne Maure, fille de Claude Maure et Marguerite Gallimard. La cérémonie nuptiale eut lieu le 23 février 1686, en l'église Saint-Jean à Joigny. Après le décès de sa première femme, morte en couches à l'âge de 34 ans, et inhumée à Joigny le 17 janvier 1691 (après des obsèques en l'église Saint-Jean), Zacharie Roy convola en secondes noces avec Claude Lalande, moins d'un mois après les funérailles. Son second mariage, en effet, fut célébré en l'église Saint-Jean dès le 12 février 1691. Contrairement à son demi-frère Antoine Roy, qui était tonnelier, il exerçait quant à lui le métier de savetier, à Joigny. De son premier mariage avec Anne Maure, il n'avait eu que deux filles et un garçon, qui suivent en IV.3 ; de sa seconde union avec Claude Lalande, il n'eut apparemment aucun enfant.

     

    IV.1. Jacques Roy. Baptisé le 5 novembre 1658 en l'église Saint-Jean, à Joigny, ses parrain et marraine furent Jacques Perdigon et Marie Chacheré.

    IV.1. Edme Roy. Baptisé en la même église le 13 mars 1660, ses parrain et marraine furent Edme Nau et Marie Bourotte.

     

    IV.2. Pierre Roy. Né au Canada en 1669 environ, sans doute à Batiscan, il était le fils unique d'Antoine Roy et de sa seconde épouse, Marie Major. Il fut baptisé probablement en l'église de Champlain, à laquelle était rattachée la localité de Batiscan à l'époque. Son parrain, en tout cas, était un habitant de Batiscan nommé Pierre Constant. En 1681, lors du recensement de la population qui fut effectué au Canada cette année-là, le jeune filleul était déjà âgé de 12 ans. Après le meurtre de son père, en 1684, il quitta Batiscan à jamais avec sa mère, pour aller s'établir avec elle en la ville de Québec. Il y exerça aussitôt le métier de tonnelier. Après la mort de sa mère, décédée à Québec en 1689, il convola en premières noces avec Marie Anne Martin, fille de Joachim Martin et d'Anne Charlotte Petit, née le 4 avril 1673 à Saint-Pierre, sur l'île d'Orléans près de Québec, et baptisée le 14 avril suivant en l'église de Sainte-Famille, sur la même île. L'union matrimoniale fut célébrée le 12 février 1691, audit lieu de Saint-Pierre qui était doté depuis quelques années de sa propre église. Pierre Roy s'installa aussitôt à Saint-Pierre, où il continua d'exercer son métier de tonnelier. Le 7 octobre 1696, il finit toutefois par obtenir une concession de terres située à Kamouraska. Il quitta alors l'île d'Orléans en 1697, avec toute sa famille, comme beaucoup d'autres colons à la fin du XVIIème siècle (tel René Lepage, né à Ouanne près d'Auxerre, qui avait quitté l'île en 1696 pour aller fonder Rimouski, en aval du fleuve Saint-Laurent). A Kamouraska, Pierre Roy s'adonna à l'agriculture pendant une bonne trentaine d'années, de 1697 à 1726. Après la mort de Marie Anne Martin, sa première femme, décédée le 6 février 1709, il se maria en deuxièmes noces avec Angélique Hautin, née en 1690 environ à Sainte-Anne-de-la-Pocatière, au Canada, laquelle était la fille de François Hautin et de Marie Boucher. La cérémonie nuptiale fut célébrée le 25 novembre 1710, en l'église de Rivière-Ouelle dont dépendait alors le territoire de Kamouraska. Angélique Hautin trépassa une dizaine d'années plus tard, en 1720 ou 1721. Pierre Roy partit alors s'établir à Repentigny en 1726, où il épousa en troisièmes et dernières noces une femme de 32 ans nommée Marie Delugré, baptisée le 13 octobre 1695 à Sainte-Famille, sur l'île d'Orléans, fille de Jacques Delugré et de Catherine Gendron. Le mariage fut célébré en l'église de Repentigny le 30 octobre 1727. Pierre Roy était âgé de 58 ans à l'époque. Dans sa nouvelle paroisse, il exerça les activités de cultivateur et de charpentier, de 1726 à son décès. Mort à Repentigny le 29 avril 1734, à l'âge de 65 ans environ, il fut enseveli au même lieu dès le lendemain. De son premier mariage avec Marie Anne Martin, il avait eu quatre filles et six garçons ; de sa deuxième union avec Angélique Hautin, cinq filles et un seul garçon ; de ses troisièmes noces avec Marie Delugré, une fille et deux garçons. C'est donc lui, en fait, et non pas son père Antoine Roy, qui est à l'origine de l'abondance des Roy en Amérique du Nord, de nos jours.

     

    IV.3. Marie Roy. Baptisée le 22 janvier 1687 à Joigny, en l'église Saint-Jean, ses parrain et marraine étaient Louis Chollet et Liesse Marchant. Le 8 février 1712, à l'âge de 25 ans, elle épousa un homme qui portait le nom de Jean Gounon, ceci en ladite église Saint-Jean à Joigny. Leur postérité apparaît dans le chapitre qui suit.

    IV.3. Laurence Roy. Baptisée en l'église jovinienne de Saint-Jean le 10 octobre 1688, elle fut tenue sur les fonts baptismaux par Pierre Pleyard et Laurence Milon, ses parrain et marraine.

    IV.3. Zacharie Roy. Né à Joigny le 14 janvier 1691, il fut baptisé le même jour en l'église Saint-Jean. Ses parrain et marraine étaient Louis Froncet et Isabelle Paumier. Décédé le jour même de sa naissance, ses obsèques eurent lieu aussitôt dans la même église.

     

    La descendance de Marie Roy

     

    La généalogie de la famille Roy de Joigny, qui vient d'être détaillée dans le chapitre précédent, montre clairement que de tous les descendants de Jean Roy et de Marie Boucquenier, couple qui figure à la première génération, seul leur petit-fils Antoine Roy a eu une postérité ayant conservé le nom de Roy jusqu'à nos jours, ceci en Amérique du Nord. En France, c'est sous d'autres noms que s'est développée leur descendance, perpétuée par les femmes. Leur petite-fille Catherine Roy, sœur cadette d'Antoine Roy, ne semble pas avoir eu de postérité, bien que mariée deux fois : à Jude Guillerat en 1675, et à Edme Girard en 1686. En fait, c'est l'arrière-petite-fille du couple initial, à savoir Marie Roy, fille de Zacharie Roy (lui-même demi-frère d'Antoine Roy), qui est à l'origine de la branche française, portant différents noms de famille. Cette femme apparaît à la quatrième génération (voir IV.3., au chapitre précédent). Les tables de mariages diffusées par notre cercle permettent de donner un aperçu de sa descendance à Joigny.

     

    IV.3. Marie Roy. Elle épouse Jean Gounon le 8 février 1712, en l'église Saint-Jean ; d'où V :

     

    V. Jean Gounon. Il épouse Madeleine Barbier le 4 février 1738, en l'église Saint-Thibault ; d'où VI.1.

    V. Charlotte Gounon. Elle épouse Edme Nocet le 9 février 1745, en l'église Saint-Thibault.

    V. Marie Jeanne Gounon. Elle épouse Claude Perrier le 5 mai 1745, en l'église Saint-Thibault ; d'où VI.2.

    V. Emerentienne Gounon. Elle épouse Claude Philippe Foucher le 8 février 1752, en l'église Saint-Thibault ; d'où VI.3.

     

    VI.1. Emerentienne Gounon. Elle épouse Jacques Raclot le 6 septembre 1766, en l'église Saint-Thibault.

    VI.1. Edme Gounon. Il épouse Anne Noireau en premières noces, le 29 janvier 1770 en l'église Saint-Thibault, puis Marie Guyou en secondes noces, le 24 avril 1781 dans la même église.

     

    VI.2. Marguerite Perrier. Elle épouse Etienne Thomas le 18 juillet 1767, en l'église Saint-Thibault ; d'où VII.

    VI.2. Marie Jeanne Perrier. Elle épouse Edme Badenier le 24 septembre 1770, en l'église Saint-Thibault.

    VI.2. Jean-Baptiste Perrier. Il épouse Elisabeth Maure le 6 février 1776, en l'église Saint-André.

     

    VI.3. Pierre Foucher. Il épouse Marie Anne Gendet le 12 janvier 1779, en l'église Saint-Thibault.

    VI.3. Jean Foucher. Il épouse Marguerite Pavillon le 21 septembre 1786, en l'église Saint-Thibault.

    VI.3. Jean Philippe Foucher. Il épouse Marie Goussery le 9 janvier 1787, en l'église Saint-Thibault.

    VI.3. Jeanne Foucher. Elle épouse Jacques Colas le 9 janvier 1787, en l'église Saint-Thibault.

    VI.3. Marie Jeanne Foucher. Elle épouse Jean-Baptiste Sévenat le 17 janvier 1792, en l'église Saint-Thibault.

     

    VII. Marguerite Thomas. Elle épouse Etienne Pavillon le 22 novembre 1791, en l'église Saint-Thibault.

     

    Dans l'état actuel des recherches, c'est donc sous les noms de Badenier, Colas, Foucher, Gounon, Nocet, Pavillon, Perrier, Raclot, Sévenat et Thomas que les descendants d'Antoine Roy pourront retrouver de lointains cousins en France. Il y a peut-être, parmi les membres de la Société généalogique de l'Yonne, des gens qui descendent des couples qui viennent d'être passés en revue ? Si tel est le cas, nous aimerions que toutes ces personnes nous envoient rapidement un tableau de lignée détaillé, avec les lieux et dates de naissance, mariage et décès à chaque génération, ainsi que les métiers exercés, afin de montrer leur cousinage avec les descendants nord-américains d'Antoine Roy. Ces tableaux de lignée doivent être expédiés à l'adresse suivante :

     

    - infos@sgyonne.org

     

     

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